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​© Genathena _ Toute reproduction interdite

Le monde d’aujourd’hui ne reconnait à l’humain non plus une valeur en tant qu’Être, vivant, intelligent et sensible, mais une valeur uniquement pécuniaire. L’Homme devient un consommable comme n’importe quel produit de consommation. Exploité par la Société qui en fait son bon petit soldat mutique et qui, l’ayant essoré jusqu’à sa dernière goutte de sueur, le jette aux ordures juste avant sa mort. Plus de chiffre au dépend de sa santé physique, mais aussi mentale.

Exploité ensuite par le Monde de l’apparat qui, par le biais de méthodes de plus en plus élaborées, le rendent addictif de cette Société et des modèles qu’elle véhicule : se laisser prendre par les lumières fascinantes des offres, des « services » et des produits. Car consommer et chercher le bonheur dans le gain et les images de mass-médias toujours sur ON, gaspille le peu de temps libre qu’il reste à chacun. Et c’est là que le jeu devient intéressant entre la Société et le Monde de l’apparat, l’un sert les intérêts de l’autre : user l’individu dans son travail, ses soucis du quotidien et ses dettes, donne envie de s’évader dans des images, de combler un manque, un vide par des biens ; mais pour les obtenir il faut redoubler d’effort dans le travail. Ce jeu est d’autant plus intéressant qu’il est méthodique puisque l’aveuglement de l’argent occupe 100% du temps de l’individu. Il n’est donc pas une menace effective pour ce système très élaboré basé sur sa propre exploitation. Mieux encore, il encourage cette dernière puisque devenu addictif.

Mon travail se situe à cet endroit exact où, l’être humain devient sa propre cause de déchéance et questionne l’impact de ce jeu dans sa vision de lui-même, mais aussi dans celle qu’il a d’autrui et dans sa relation à l’autre. Là où il n’a trouvé de moyen d’exister que dans une extimité : une existence plus facile lorsqu’elle passe par écrans interposés. Dans une telle structure où tout est prédéfini et les modèles ingurgités dès le plus jeune âge, est-il possible de voir les choses différemment ? Est-il possible d’être autre chose qu’une simple fabrication de la Société ?